Les Jeux olympiques de la jeunesse se déroulent en ce moment à Dakar, et le judo y a déjà écrit une page d’histoire. Pour la première fois, les JOJ d’été sont organisés sur le continent africain, et c’est un judoka qui a ouvert le compteur de médailles du pays hôte. Un épisode qui mérite qu’on s’y arrête, d’autant qu’un jeune Français s’est retrouvé au cœur du combat décisif.
Plan de l'article
Une première médaille historique pour le Sénégal, décrochée sur le tatami #
Ce dimanche 1er novembre, au Centre des expositions de Diamniadio, le Sénégalais Matar Diop a décroché la médaille de bronze dans la catégorie des moins de 66 kg. Comme le raconte Le Soleil, le quotidien dakarois, son parcours n’a rien eu d’un long fleuve tranquille : battu en cours de tournoi, il a été repêché, a dominé le Jamaïcain Gow Larone, puis s’est imposé dans le combat pour la troisième place.
La portée de ce bronze dépasse largement le résultat sportif. Le Sénégal avait certes connu un podium dès la première édition des JOJ, à Singapour en 2010, grâce à Babacar Cissé, médaillé d’argent en judo au sein d’une équipe mixte. Mais ces médailles d’équipes internationales ne sont attribuées à aucun comité national olympique : officiellement, aucun athlète sénégalais n’était jamais monté sur un podium des JOJ. Matar Diop a mis fin à cette attente, à domicile, lors de la quatrième édition des Jeux d’été de la jeunesse, après Singapour, Nankin et Buenos Aires.
Un Français au pied du podium #
Le combat pour le bronze opposait justement Matar Diop à un Tricolore, Nathan Gbingbehi. Le jeune judoka français, engagé lui aussi en moins de 66 kg, a buté sur la dernière marche dans une ambiance entièrement acquise au local. Afrik.com souligne d’ailleurs que Diop n’a cédé, sur l’ensemble du tournoi, que face au futur champion de la catégorie.
Pour Gbingbehi, la cinquième place a forcément un goût amer, mais elle raconte aussi autre chose : la densité de cette catégorie des moins de 66 kg, l’une des plus disputées du judo mondial chez les jeunes. Se hisser dans le dernier carré d’un tournoi olympique de la jeunesse à 17 ans reste un signal fort pour la suite d’une carrière, et les sélectionneurs le savent bien.
Les JOJ, un vrai marchepied vers le haut niveau
On l’oublie parfois dans les clubs, mais les Jeux olympiques de la jeunesse sont devenus un passage repéré dans la formation des champions. Beaucoup de judokas médaillés aux JOJ se retrouvent quelques années plus tard sur les podiums seniors. La catégorie d’âge U18 impose un judo complet : les combats y sont souvent plus débridés qu’en seniors, les repêchages laissent une seconde chance, et la gestion émotionnelle d’un tournoi de plusieurs combats dans la journée est déjà celle du très haut niveau.
Ce que cette édition change pour le judo africain #
Organiser les JOJ à Dakar, c’est aussi installer le judo africain dans une autre dimension. Le tournoi de judo de ces Jeux a réuni des délégations de tous les continents, et le public sénégalais a répondu présent à Diamniadio. Une médaille du pays hôte, qui plus est historique, donne au judo local une visibilité qu’aucune campagne de promotion ne pourrait acheter : des licences en plus dans les dojos, des vocations, et des moyens qui suivent plus facilement.
Pour les clubs français, il y a une leçon à retenir de ce genre d’épisode. Le judo reste l’un des sports les plus universels qui soient : un jeune formé dans un petit club peut se retrouver, à 16 ou 17 ans, à disputer un combat pour une médaille olympique de la jeunesse face à un adversaire porté par tout un pays. C’est exactement le type de trajectoire qui commence sur les tatamis des clubs de quartier et des petites villes, dans les cours du mercredi et les animations du samedi matin.
Comment suivre la suite des épreuves
Les JOJ de Dakar se poursuivent jusqu’au 13 novembre. Au-delà des tournois individuels, le judo y propose également des épreuves par équipes mixtes, format devenu emblématique depuis son introduction aux Jeux : il mélange les nations dans certaines éditions de la jeunesse, ce qui explique justement pourquoi la médaille de Babacar Cissé en 2010 n’était comptabilisée pour aucun pays.
Pour les passionnés, les résultats complets sont publiés au fil des Jeux par les fédérations et la presse spécialisée. Et si vous encadrez de jeunes judokas, c’est le bon moment pour leur montrer ces combats : rien ne vaut l’exemple d’athlètes de leur âge pour faire comprendre ce que signifient l’engagement, le repêchage et le respect de l’adversaire, les valeurs que l’on répète chaque semaine au bord du tatami.
Une médaille de bronze qui vaut de l’or pour tout un continent, un Français au pied du podium qui confirme la profondeur de la filière tricolore : le rendez-vous de Dakar rappelle que le judo des jeunes n’est pas une salle d’attente, mais déjà du très grand sport.
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