Il n’a plus combattu en individuel depuis sa finale olympique gagnée face au Sud-Coréen Kim Minjong à Paris, à l’été 2024. Absent des championnats du monde de Bakou, absent aussi du Grand Chelem d’Abou Dhabi, Teddy Riner regarde le circuit international tourner sans lui. À 37 ans, le triple champion olympique individuel des plus de 100 kg a pourtant fixé sa date de retour : la saison 2027. Dans un entretien croisé publié par RMC Sport ce 31 octobre, le Guadeloupéen se dit serein, quand le président de la Fédération française de judo se montre plus prudent.
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Une épaule droite qui a tout décalé #
Le calendrier initial était clair : Riner avait laissé une porte ouverte pour les Mondiaux d’octobre en Azerbaïdjan. Selon le récapitulatif de ski-nordique.net, il a déclaré forfait le 5 septembre en raison d’une blessure à l’épaule droite. Il avait prévu d’enchaîner deux compétitions en deux semaines au mois d’août, avant que cette épaule ne l’oblige à lever le pied.
En son absence, c’est le Russe Inal Tasoev qui s’est imposé en +100 kg à Bakou, devant l’Azerbaïdjanais Ushangi Kokauri. Côté français, Romane Dicko a pris l’argent en +78 kg. Ces Mondiaux étaient le premier des trois grands rendez-vous comptant pour la qualification olympique de Los Angeles 2028.
« Juin et juillet 2027, c’est le top départ » #
Riner a repris l’entraînement avec son staff et ne cache pas sa méthode. « Ce n’est pas comme si je ne savais pas comment préparer les Jeux olympiques », a-t-il déclaré au moment de sa prolongation avec le PSG Judo, cité par RMC Sport. « Je sais exactement comment je vais partir et avec qui. Je ne suis pas inquiet. Dans mon idée, juin et juillet 2027, c’est le top départ. »
Son objectif n’est pas de redevenir numéro un mondial. « Arriver dans le top 10, c’est mon objectif. Je pense qu’avec quatre ou cinq grosses compétitions, maximum six, on est bien », explique-t-il. Il ne sait pas encore s’il disputera les championnats du monde 2027 au Kazakhstan, prévus en juin.
Une fenêtre qui se referme mi-juin 2028
La course à la qualification a débuté en juin 2026. La ligne d’arrivée est fixée à la mi-juin 2028, juste après les championnats du monde organisés en Suisse. Il faudra alors figurer parmi les 17 meilleurs mondiaux de sa catégorie, à raison d’un judoka par nation. Entre janvier 2027 et cette échéance, RMC Sport recense environ 22 tournois (Grand Prix, Grand Chelem, Masters), deux championnats d’Europe et deux championnats du monde. « Ça suffit, non ? », a répondu le champion, croisé au dojo de Paris où il était venu encourager son club en Ligue des champions.
Pourquoi le top 8 compte autant #
Pour l’instant, Riner n’apparaît plus du tout au classement mondial des lourds : faute de combat depuis plus de deux ans, il ne compte plus aucun point. Or le rang au classement ne sert pas seulement à se qualifier. Les huit premiers mondiaux sont têtes de série aux Jeux, ce qui leur évite de croiser un favori dès les premiers tours.
Les chiffres donnent une idée de l’effort à fournir. À Paris 2024, il fallait 4 294 points pour être huitième mondial chez les poids lourds, et 3 501 pour être dixième, rappelle RMC Sport. Cela représente, par exemple, quatre victoires et une cinquième place en Grand Chelem.
Le précédent de Tokyo
Stéphane Nomis, président de la FFJudo, a tempéré l’optimisme de son champion sur l’antenne de RMC pendant les Mondiaux : « Il est très sûr de lui. Pour les Jeux, ça ne va pas être aussi simple qu’il le pense. Être dans les 8, il faut pas mal de points. Je pense qu’il sera dans les 17 mais je ne suis pas sûr qu’il sera dans les 8. »
Le dirigeant s’appuie sur un souvenir précis. À Tokyo, Riner n’était pas tête de série. Il s’était retrouvé dans le quart de tableau du numéro un mondial, le Russe Tamerlan Bashaev, qui l’avait battu en quart de finale. À Paris, classé sixième mondial, il avait obtenu un tableau plus favorable. Avant ces Jeux à domicile, il était même allé disputer un tournoi de moindre rang en Espagne pour gagner 100 points, de quoi modifier son classement et donc son adversaire potentiel en quart de finale.
Ce que les judokas de club peuvent en retenir #
Le cas Riner parle à tous les compétiteurs, même loin du circuit mondial. Gérer une blessure plutôt que forcer, choisir ses compétitions au lieu de toutes les enchaîner, viser un classement utile plutôt que la première place : ces arbitrages se posent aussi, à leur échelle, aux judokas qui préparent un championnat départemental ou régional. Le classement et le tirage au sort comptent souvent autant que la forme du jour.
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Reste une inconnue : le corps. Riner aura 39 ans au moment des Jeux de Los Angeles. Sa stratégie repose sur une idée simple, qu’il résume lui-même : partir au bon moment, arriver à point, et ne pas se blesser d’ici là. La réponse viendra sur les tatamis, à partir de 2027.




