Le Grand Chelem d’Abou Dhabi à peine refermé, l’équipe de France de judo se tourne déjà vers un autre rendez-vous, collectif celui-là. Le 7 novembre, à Belgrade, les Bleus disputent les championnats d’Europe par équipes mixtes. La Fédération française de judo a publié la sélection le 27 octobre, avec un objectif affiché : revenir au premier plan dans un format qui compte de plus en plus sur la route de Los Angeles 2028.
Plan de l'article
Un format qui pèse jusqu’aux Jeux #
L’épreuve par équipes mixtes oppose des formations de six judokas, trois femmes et trois hommes, répartis en trois catégories de poids chacun. Chaque rencontre se joue au meilleur des combats, et une défaite individuelle peut être effacée par la victoire d’un coéquipier. C’est ce qui rend le format si particulier : on gagne ou on perd ensemble, et le classement final dépend autant de la profondeur du groupe que de ses têtes d’affiche.
Selon la Fédération française de judo, ces championnats d’Europe comptent pour le classement mondial par équipes mixtes qui servira de référence avant les Jeux de Los Angeles. Une douzaine de nations sont attendues en Serbie. Pour un club comme le nôtre, où l’on voit chaque saison des enfants découvrir la compétition par équipes lors des interclubs, c’est aussi une belle vitrine : le judo de haut niveau y montre son visage le plus solidaire.
La sélection française #
Chez les femmes
En -57 kg, la France aligne Sarah-Léonie Cysique (AC Boulogne-Billancourt) et Martha Fawaz (US Orléans LJJ). Cette dernière arrive lancée : elle vient de remporter la catégorie au Grand Chelem d’Abou Dhabi, comme le montrent les résultats officiels du tournoi féminin, où elle a battu la Brésilienne Shirlen Nascimento en finale. En -70 kg, la place revient à Mathilde Chabal (Stade Bordelais) et Clémence Emé (AJA Paris XX). En +70 kg, Célia Cancan (AC Boulogne-Billancourt) et Léa Fontaine (Sainte-Geneviève Sports) complètent le groupe.
Chez les hommes
En -73 kg, Joan-Benjamin Gaba (PSG Judo) et Maxime Gobert (OJ Nice) ont tous deux combattu à Abou Dhabi la semaine dernière. En -90 kg, Aleksa Mitrovic (JC Monaco) et Maxime-Gaël Ngayap Hambou (AM Asnières) sont retenus. En +90 kg, la sélection compte sur Tieman Diaby (AJA Paris XX) et Yann Rigaud (Sucy Judo). Gaba et Ngayap Hambou font partie des médaillés des Jeux de Paris 2024, ce qui apporte de l’expérience des grands soirs à un groupe largement renouvelé.
La fédération précise que, parmi les hommes alignés aux derniers championnats du monde de Bakou, seul Dayyan Boulemtafes manque à l’appel. Le staff s’appuie sur Daniel Fernandes pour le groupe masculin et sur Lucie Décosse pour le groupe féminin.
Effacer Podgorica #
L’enjeu est clair. La France a déjà été sacrée dans cette compétition, en 2022 et en 2024, rappelle la fédération. Mais la dernière édition a laissé un goût amer. À Podgorica, au Monténégro, le 27 avril 2025, les Bleus ont été battus 4-1 par l’équipe IJF en huitièmes de finale, puis 4-2 par la Belgique en repêchages, d’après le tableau de l’épreuve. La Géorgie avait remporté le titre devant l’Italie, l’Allemagne et l’équipe IJF complétant le podium.
Frédérique Jossinet, directrice des équipes de France, résume l’état d’esprit dans la présentation fédérale : « L’idée est de renouer avec la performance sur des championnats par équipes. » La Géorgie, tenante du titre, la Russie, l’Italie et l’Allemagne figurent parmi les adversaires annoncés comme les plus redoutables.
Abou Dhabi, une bonne répétition #
La semaine qui précède Belgrade a donné quelques indications. Outre l’or de Martha Fawaz, le Grand Chelem d’Abou Dhabi a vu Aurélien Diesse atteindre la finale des -100 kg, perdue au sol face au Russe Idar Bifov, comme le raconte Euronews. Teddy Riner, présent dans les tribunes, a d’ailleurs remis les médailles de cette catégorie. Diesse ne figure pas dans la sélection par équipes, qui s’organise autour des catégories -73 kg, -90 kg et +90 kg chez les hommes.
Joan-Benjamin Gaba a, lui, atteint les quarts de finale des -73 kg avant d’être éliminé en repêchages, selon les résultats du tournoi masculin. Maxime Gobert a remporté deux combats avant de s’incliner face au Marocain Hassan Doukkali, futur vainqueur de la catégorie. Deux profils qui auront à cœur de transformer ces semaines de compétition en points pour l’équipe.
Ce qu’on regardera depuis le dojo #
Le calendrier est serré : après Belgrade, le circuit enchaîne avec le Grand Prix de Croatie, du 13 au 15 novembre. Pour les judokas, la compétition par équipes demande une préparation à part. Il faut accepter de combattre dans un ordre imposé, parfois face à un adversaire plus lourd quand la catégorie couvre une large tranche de poids, et garder la tête froide quand le score de la rencontre se joue sur un seul combat.
C’est une leçon que l’on peut transmettre à tous les âges sur le tatami : le judo reste un sport individuel, mais il se pratique avec et grâce aux autres. Rendez-vous le 7 novembre pour voir si les Bleus retrouvent leur rang européen.




