On parle beaucoup du judo de haut niveau à travers les Jeux, les championnats du monde ou le Grand Chelem de Paris. Mais une autre équipe de France vient de signer un résultat historique, loin des projecteurs : celle des vétérans. Aux championnats d’Europe disputés à Portimão, au Portugal, les judokas français ont ramené 169 médailles. C’est un record, et cela dit beaucoup de la vitalité du judo dans les clubs.
Plan de l'article
Un bilan jamais vu à Portimão #
Les championnats d’Europe vétérans 2026 se sont achevés le dimanche 25 octobre à Portimão, après quatre journées de compétition. Selon le bilan publié par France Judo, la délégation tricolore a décroché 45 médailles d’or, 45 d’argent et 79 de bronze, soit 169 podiums au total.
Avec ce total, la France termine largement en tête du classement des nations. La Géorgie, deuxième, compte 47 médailles, et l’Espagne, troisième, 27. L’écart montre le poids de la France dans le judo vétérans européen. La compétition s’est terminée le dimanche avec les épreuves de ne-waza, le travail au sol.
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Une réussite collective
Pour Jean-Luc Bartoli, responsable de la commission nationale vétérans de France Judo, ce record est d’abord une affaire d’équipe. Dans le communiqué fédéral, il félicite « l’ensemble de nos judokas français, médaillés ou non, ainsi que tous nos coachs » et dit retenir surtout « la passion, la solidarité et l’énergie collective » de la délégation. Il y voit aussi la récompense du travail mené depuis plusieurs années pour développer cette pratique et la faire reconnaître.
Le judo vétérans, c’est quoi exactement ? #
Le judo vétérans s’adresse aux judokas adultes qui continuent la compétition après l’âge des catégories seniors classiques. Les combattants sont répartis par tranches d’âge, notées M1, M2, M3 et ainsi de suite, en plus des catégories de poids habituelles. Un judoka de 40 ans ne rencontre donc pas un adversaire de 65 ans : chacun combat face à des pratiquants de sa génération.
Cette organisation rend la compétition accessible à des profils très variés : anciens compétiteurs qui reviennent sur les tatamis, enseignants qui veulent garder le rythme, parents qui se sont mis au judo en accompagnant leurs enfants au club. C’est sans doute l’une des clés du succès français : un réseau de clubs dense, où les adultes pratiquent et s’entraînent aux côtés des plus jeunes.
Jean-Luc Garcia, l’argent malgré un triceps rompu #
Derrière les chiffres, il y a des parcours. Celui de Jean-Luc Garcia, raconté par le site catalan Ouillade, résume bien l’état d’esprit des vétérans. Licencié au Judo Club Catalan de Perpignan, il a pris la deuxième place en catégorie M7 des moins de 66 kg.
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Son tournoi a pourtant mal commencé : il s’est blessé au triceps dès son premier combat. Il a quand même continué et remporté trois combats, face à deux Français et à un Espagnol, avant de s’incliner contre le Norvégien Alfred Chinchilla, futur vainqueur de la catégorie. Il devra être opéré à son retour en France.
Le Catalan n’en est pas à son premier podium. Il avait été sacré champion d’Europe en 2023, puis champion du monde vétérans à Paris en 2025. Aujourd’hui retraité, après une carrière de moniteur de sport à la prison des Baumettes de Marseille, il s’entraîne encore deux fois par jour, entre préparation physique et judo.
Un modèle pour tout un club
Le président du Judo Club Catalan, Jean-Jacques Mourrut-Brignol, avait fait le voyage au Portugal avec le groupe vétérans. Il décrit son judoka comme « un modèle pour tout le club », un compétiteur « humble et respectueux, qui incarne pleinement les valeurs du judo ». D’autres licenciés du club étaient engagés : Stéphane Christophe a terminé 9e en M5 des moins de 73 kg, tandis que Thierry Page et Alan Soto ont été éliminés plus tôt.
Ce que ce record dit du judo en club #
Ces résultats rappellent une évidence que connaissent bien les dojos : le judo ne s’arrête pas avec la ceinture noire ni avec la fin de la carrière en seniors. On peut continuer à progresser, à combattre et à transmettre bien après 40 ou 50 ans. Les vétérans sont souvent aussi les piliers du club : ils encadrent les cours enfants, arbitrent, préparent les passages de grade et font vivre l’association.
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Pour un club, avoir un groupe vétérans actif change beaucoup de choses. Les adultes débutants trouvent des partenaires de leur âge, les anciens gardent une raison de revenir sur le tatami, et les jeunes voient que la pratique peut durer toute une vie. Le parcours de Jean-Luc Garcia, qui inspire désormais un club de plus de cinq cents licenciés selon Ouillade, en est un bon exemple.
Et si vous vous y mettiez ?
Pas besoin de viser un podium européen pour profiter du judo vétérans. Beaucoup de clubs proposent des créneaux adultes, avec un travail adapté : échauffement plus progressif, attention aux articulations, chutes travaillées en douceur. La compétition reste une option, jamais une obligation. Si vous avez pratiqué plus jeune, ou si vous accompagnez vos enfants au dojo chaque semaine, c’est peut-être le moment de remettre un kimono.
En attendant, ce record de 169 médailles est une belle vitrine pour tout le judo français. Il montre que la richesse de la discipline ne se mesure pas seulement aux médailles olympiques, mais aussi à ces milliers de pratiquants qui, saison après saison, continuent de monter sur le tatami.




