Les Jeux olympiques de la jeunesse battent leur plein au Sénégal. Depuis le 31 octobre et jusqu’au 13 novembre, les athlètes de moins de 18 ans y sont réunis, et le tournoi de judo se dispute à Diamniadio, près de Dakar. Clarisse Agbegnenou y était présente comme « athlète modèle ». Elle raconte cette expérience dans un entretien publié par Le Dauphiné libéré le 6 novembre, et ce qu’elle dit parle à tous les clubs qui accueillent des ados sur leurs tatamis.
Plan de l'article
Un rôle à part : transmettre plutôt que combattre #
Aux JOJ, l’athlète modèle ne monte pas sur le tapis. Son travail est d’être là, au village et autour des combats, pour échanger avec les jeunes. La judokate, présentée par le quotidien comme triple championne olympique, résume son rôle en une phrase : « insuffler ma bonne énergie ».
Elle insiste surtout sur les jeunes filles. Son objectif, dit-elle, est de « montrer que tout est possible, surtout à ces jeunes filles qui, potentiellement, ont du mal pendant la puberté à continuer le sport ». Tous les entraîneurs de club connaissent ce moment où des judokates très assidues en benjamines décrochent quelques saisons plus tard. Entendre une championne de ce niveau le dire publiquement, c’est un message fort.
Elle regrette aussi de ne pas avoir connu ces « minis-Jeux » à leur âge. Pour elle, ils permettent aux jeunes de se dire plus tard : « je n’ai pas besoin de stresser, j’ai déjà fait des Jeux ».
Les questions des jeunes judokas : le mental et la longévité #
Le passage le plus intéressant de l’entretien concerne les questions qu’on lui a posées. Les jeunes athlètes lui ont surtout demandé comment elle tient mentalement, et comment elle concilie le haut niveau et sa vie de maman. « Ils ne se disent pas que c’est juste le corps », rapporte-t-elle.
Une jeune Sénégalaise lui a posé une question qui l’a marquée : comment garder sa longévité ? Sa réponse tient en une idée que l’on peut afficher dans n’importe quel dojo : « le physique et le mental allaient ensemble. Il n’y a rien qu’il faut délaisser ».
Une autre lui a demandé comment faire quand on n’a pas toutes les ressources. Clarisse Agbegnenou raconte avoir vu, à Saly, de jeunes lutteurs s’entraîner dans le sable. Elle encourage les jeunes Africains à s’appuyer sur les richesses de leur pays plutôt que de se comparer à ce qu’ils n’ont pas.
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Le judo sur le tatami de Diamniadio : les premiers podiums #
Sur le plan sportif, le judo a distribué ses premières médailles dès le 1er novembre. Selon le Journal du Sénégal, trois catégories ont rendu leur verdict ce dimanche-là.
Moins de 66 kg garçons
L’Ukrainien Khazar Heydarov a remporté l’or en battant en finale le Canadien Anes Mati. Le Sénégalais Matar Diop a décroché le bronze, partagé avec l’Argentin Thiago Carvallo. C’est une médaille précieuse pour le pays hôte, devant son public.
Moins de 44 kg filles
La Turque Sema Yüksel s’est imposée en finale face à la Jordanienne Houda Wshah. L’Italienne Sara Coni et la Vénézuélienne Rosalvick Aguilar complètent le podium.
Moins de 55 kg garçons
L’Azerbaïdjanais Ibrahim Talibov a battu le Croate Jona Zvorc en finale. Le Zambien Elisha Zimba et le Mongol Tugskhuslen Tungalag ont pris le bronze.
Ces podiums montrent la diversité du judo chez les moins de 18 ans : l’Europe de l’Est, la Turquie et l’Asie centrale y sont très présentes, mais l’Afrique et l’Amérique latine montent aussi sur le podium.
Ce que les clubs peuvent en retenir #
Pour un club comme le nôtre, les JOJ restent lointains : très peu de judokas y participeront un jour. Mais le message de Clarisse Agbegnenou s’applique au quotidien du dojo.
Le premier enjeu, c’est de garder les adolescentes. L’entrée au collège et la puberté sont souvent les moments où une jeune judokate arrête. Un groupe d’entraînement où elles se sentent à leur place, des modèles féminins et des objectifs adaptés à chacune aident à passer ce cap.
Le deuxième, c’est le mental. Les jeunes athlètes de Dakar n’ont pas interrogé la championne sur ses techniques ou sa préparation physique, mais sur sa force mentale. Apprendre à gérer le stress d’un premier tournoi, accepter une défaite, revenir à l’entraînement la semaine suivante : c’est aussi ce qu’un club transmet.
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Le troisième, c’est l’ouverture. Clarisse Agbegnenou parle de « la richesse » des Jeux : rencontrer des judokas venus de pays très différents. À notre échelle, un tournoi interclubs ou un stage régional offre déjà cette expérience aux plus jeunes.
Les JOJ de Dakar continuent jusqu’au 13 novembre. On suivra avec attention les autres catégories de judo, et les prochains podiums de ces jeunes combattants que l’on retrouvera peut-être, dans quelques années, sur le circuit mondial.




